Caroline : profession hôtesse de téléphone rose

Parmi les centaines d’hôtesses de téléphone rose qui opèrent en France, Caroline fait ce métier depuis trois ans. Elle a accepté de nous parler de son travail, de ses clients et de ses motivations. A 29 ans, cette jeune femme divorcée avec un enfant, travaille depuis son domicile de Touraine où elle s’est aménagée un espace dédié à son activité.

Caroline profession hotesse de telephone rose

Tu es hôtesse de téléphone rose depuis trois ans, pourquoi ce métier ?

Caroline : J’étais mariée et j’avais un emploi à mi-temps d’assistante de direction dans une petite PME de la région. Et les aléas de la vie ont fait que j’ai divorcé et du jour au lendemain je me suis retrouvée seule avec ma petit fille de cinq ans. Et j’avoue que les fins de mois étaient difficiles. J’ai cherché un temps plein mais il n’y avait rien qui me convenait. J’ai toujours été libertine et échangiste, donc le milieu du sexe, je connais un peu. Quand j’ai vu une annonce dans un journal gratuit pour devenir hôtesse de téléphone rose, je me suis dis pourquoi pas ? D’autant que j‘adore jouer la comédie !

C’était facile de débuter ?

Caroline : La première fois, je me sentais un peu mal à l’aise, j’avais le trac et mon coeur battait fort quand le téléphone a sonné. D’ailleurs la conversation n’a pas duré très longtemps. Le type à du se rendre compte que je débutais comme animatrice de tel rose et cela ne lui a pas plu. Il a raccroché au bout de deux minutes. Mais maintenant ça va mieux, je suis plus à l’aise et je peux rester des heures au téléphone à jouer avec les hommes. En fait, plus j’ai d’appels et plus j’aime cela. (rires)

Qui sont les hommes qui t’appellent en général ?

Caroline : Tu te doutes bien qu’il y a tous les genres. Certains appellent et je sens qu’ils sont au bord d’éjaculer, ils ont juste besoin de ce petit plus, d’entendre un voix les motiver pour conclure. Ce ne sont pas ceux que je préfère. Il n’y a aucune chaleur, aucune relation, c’est presque mécanique.

Et il y a les hommes qui viennent avec une idée très précise de ce qu’ils veulent, tout est déjà pensé dans leur tête. Ils ont de vrais fantasmes qu’ils veulent réaliser. Ce sont franchement mes préférés même si c’est plus compliqué parce qu’on ne peut pas faire semblant. Et si je me trompe, ils le disent aussitôt. En général ils sont sympa.

Enfin la grande majorité appelle sans idées précises. Ils ont envie de bon temps, de quelqu’un qui les écoute, comble leur solitude et leur donne du plaisir.

Comment ça se passe dans ces cas là ? C’est toi qui décide de ce que tu vas leur faire ?

Caroline : Ca dépend. En général je discute d’abord avec eux pour apprendre à les connaître, découvrir leurs envies, leurs penchants, je les guide un peu pour trouver le petit détail qui va me faire penser qu’il ont envie de ça ou de ça pendant notre dial sexe. Je dois avoir la bonne méthode parce que je n’ai jamais eu de plaintes. (rires)

Le plus important est que les hommes soient toujours contents quand ils appellent et qu’ils aient envie de revenir. C’est gratifiant pour moi d’avoir quelqu’un qui me rappelle en disant qu’il avait pris de bon temps avec moi et qui a envie de recommencer.

Tu réponds à toutes les demandes ou tu es plutôt spécialisée ?

Caroline : Je me suis fixée des limites. J’évite tout ce qui est trop bestial, trop borderline tout comme les histoires d’inceste, de viol… Pour le reste je suis totalement ouverte et je peux être une excellente dominatrice. Bien meilleure que soumise. Mais ça doit être mon tempérament.

Ce que je préfère, c’est quand même jouer la petite amie, celle qui est pleine d’attention pour son homme, qui a envie de toujours lui faire plaisir. Là je crois que je suis championne. J’ai d’ailleurs eu plein de demandes en mariage.

Quelles sont les choses les plus surprenantes qu’on t’a demandé de faire ?

Caroline : Et que j’ai accepté ? Un fétichiste des couches et des fessées. Quand il m’en a parlé, j’ai un peu hésité au départ, je n’ai rien dit et je ne voyais pas comment réaliser son fantasme. A force de parler avec lui j’ai fini par comprendre ce qu’il voulait. Je lui ai donc expliqué en détails comment je lui mettais des couches, lui talquait les fesses. Je ne devrais pas le dire mais heureusement que j’ai eu une fille, ça m’a appris. Ensuite, comme il était très méchant je lui ai donné une longue fessée. Et je l’entendais qui se claquait les fesses dans le téléphone tout en poussant des cris.

Ca ne te donne pas envie de rire ? C’est spécial comme situation si on imagine un peu la scène.

Caroline : Non et c’est interdit de rire sinon c’est fichu. Il raccroche et il te donne des avis négatifs partout. En plus, perso je m’en fiche, il fait ce qu’il veut à partir du moment où il le fait avec moi et que ça dure longtemps au téléphone.

Combien gagne une hôtesse de téléphone rose ?

Caroline : Ha ha ha. C’est la grande question que tout le monde voudrait savoir. En fait c’est irrégulier. Pendant les périodes de vacances je peux me faire 40 ou 50 euros par jour, parfois moins. Mais je ne fais pas hôtesse de téléphone rose à temps plein. J’ai mon travail et ma fille et quand je m’occupe d’elle, inutile de m’appeler, je suis toute à elle. Quand ça marche bien, je peux me faire entre 600 et 800 euros à la fin du mois. Et c’est vrai que ça m’aide bien pour finir le mois.

Pas envie d’ouvrir ta propre ligne de téléphone rose ?

Caroline : Non, je crois que j’aurais moins de plaisir à le faire si c’était ma seule source de revenus. C’est parfois stressant de toujours entendre parler de sexe pendant trois ou quatre heures d’affilées.

Ton entourage sait que tu hôtesse de téléphone rose ?

Caroline : il n’y a que ma meilleure amie qui le sait. J’ai évoqué cela avec des gens, au détours d’une conversation pour voir ce qu’ils pensaient des filles qui le font. Après les réponses, j’ai préféré m’abstenir. S’ils savaient les pauvres que moi aussi je suis hôtesse de téléphone rose... Et le pire c’est que peut-être que certains appellent régulièrement. C’est drôle que les gens soient toujours aussi mal à l’aise avec le sexe.

Il y a plein de site porno, de site de cam girls. Pourquoi les gens aiment toujours téléphone rose ?

Caroline : Je crois que les hommes ont besoin d’une certaine réalité, de convivialité. Les vidéos porno, c’est totalement froid, on ne fait que regarder. Avec les cam girls, l’homme doit se montrer et tous les hommes ne sont pas à l’aise avec leur corps ou leur physique. Ils se sentent mal à l’aise, trouvent pas leur bite assez grosse ou ils ont du ventre.

Le téléphone rose, c’est idéal. C’est totalement anonyme, on peut le faire de n’importe où, des toilettes de son bureau, de sa chambre d’hôtel ou de sa voiture si on aime la nature. Il suffit juste d’avoir un téléphone et aujourd’hui tout le monde a un portable. L’homme doit juste se concentrer sur la voix et se laisser aller.

Et toi tu te laisses aller ?

Caroline : Quand la situation s’y prête oui bien sûre et plutôt deux fois qu’une. Je suis libertine, j’ai pratiqué l’échangisme et j’ai une petite collection de sextoys très agréables. Donc quand je dis que je me masturbe, je le fais vraiment et quand je prends du plaisir, je ne fais pas semblant. Et comme je suis assez longue pour jouir, c’est tout bénéf pour moi. (rires)

Enfin, j'espère que ça motivera d'autres nanas à tenter ce job qui n'est effectivement pas comme les autres mais hôtesse de téléphone rose n'a rien de dégoutant et c'est plutôt lucratif pour une nana motivée.